jeudi 8 octobre 2009

C'te cigarette !




Quand tu m’tires ta cigarette dans la tronche
Et qu’ tu m’envoies ton amour dans les bronches
Quand tu m’souffles ta nicotine dans le cou
Et qu’ tu laisses s’amasser la fumée entre nous

Alors j’peux pas t’en vouloir vraiment
De préférer ta chienne de cigarette
De la faire rouler de ta bouche à tes dents
D’oublier dans ton nuage infect ma petite silhouette.

Quand tu m’empoisonnes de tes mots enfumés
Et qu’tu m’craches ta cocaïne à la figure
Quand t’oublies qu’on est deux à s’aimer
Et qu’ta clope finira par m'effacer à coup sûr.

Alors j’peux pas t’en vouloir vraiment
De préférer ta chienne de cigarette
De la faire rouler de ta bouche à tes dents
D’oublier dans ton nuage infect ma petite silhouette.

Quand tu m’refiles ton sourire voilé de cannabis
Et qu’tu n’remarques pas mon air crispé
Quand t’aspires le silence entre ma chaise et ton vice
Et que j’me sens complètement abandonnée

Alors j’peux pas t’en vouloir vraiment
De préférer ta chienne de cigarette
De la faire rouler de ta bouche à tes dents
D’oublier dans ton nuage infect ma petite silhouette.

Quand tu mélanges ton héroïne à mes lèvres
Et qu’tu fais entrer la jalousie dans ma bouche
Quand j’deviens honteusement mièvre
Et qu’une chienne de cigarette me rend farouche

Alors je commence à t’en vouloir vraiment
De préférer cette putain de cigarette
De la faire rouler de ta bouche à tes dents
D’oublier dans ton extase infecte ma petite silhouette.

mercredi 19 août 2009

Mots éphémères



A quoi ça sert de t’écrire maintenant ? Tu es parti. Alors, pourquoi ces mots courant librement sur un bout de papier maltraité par l’oubli ? Pourquoi cette tristesse, cette poigne serrant ma gorge ? Ces mots qui entaillent profondément la chair du piteux morceau de papier comme si ma peine cherchait à s’y enfoncer, ces mots qui hurlent à la pointe de mon stylo et s’égrainent en échos au fil de l’encre versée sur ce minable bout de papier décoloré par le temps, ces mots qu’il serait si facile de prononcer ne parviennent pas à franchir plus que la courbe des lettres que je trace impatiemment sur ce reste de feuille vieillie.

J’aimerais être assez courageuse pour te le dire, mais mon stylo reste suspendu entre mes doigts comme un couteau au travers de ma gorge, emprisonnant les sons loin dans mes entrailles. Pourquoi est-ce si difficile ? Je ne sais pas, je ne parviens pas à me défaire de cette épave de feuille blanche et de ce stylo pleurant ma faiblesse. Je vais t’attendre en silence. Tu vas revenir, puis repartir sans jamais lire ces quelques mots brûlants de douleur inexprimée qui finiront de toute façon à la poubelle.

Reste avec moi

samedi 18 juillet 2009

Toi et tes pantoufles




Et si tu pars ? Dis-moi, que ferais-je de tes pantoufles ? Dis-moi, devrais-je les jeter ? Personne ne les chaussera jamais comme tu le fais, avec indifférence, méthode et fougue et je n'accepterais pas qu'elle accueillent d'autres pieds que les tiens. Alors, dis-moi, que ferais-je de tes pantoufles ? Devrais-je les garder ? Devrais-je les glisser au pied de mon lit, tout près des miennes, comme si nous nous retrouvions dans le secret de la nuit, pour discuter ? Ou devrais-je peut-être les enterrer? Là, personne ne risque de les voler et puis, elles m'épargneront mes larmes tous les matins, en les découvrant infiniment vides de toi près des miennes… comme si elles avaient discuté toute la nuit.
.
Ou bien préfères-tu que je les cache ? Dans une pile de vieilleries, au grenier par exemple, entre une de tes chaussettes usées jusqu'à la corde et un paquet périmé de tes bonbons préférés ? Mais j'ai peur des souris qui pourraient les abîmer. Alors j'irais les garder toutes les nuits, j'irais éloigner les rongeurs et je couvrirais tes petits chaussons sous les miens, pour les protéger. Eh bien ? Que devrais-je faire de tes pantoufles si tu pars ? Devrais-je les prendre dans mes bras quand le soleil sera couché ? Devrais-je les serrer jusqu'au lendemain matin, des sanglots dans la gorge, parce que tu ne seras plus là ? Dis-moi, que devrais-je faire de tes pantoufles ? Ecoute-moi, s'il te plait, ne pars pas…

samedi 20 juin 2009

Livre n°1 : Les enfants de l'ombre, Nolween Eawy



Qu'ils sont mignons ces enfants ! Si innocents, si plein de vie ! Personne ne peut leur faire de mal, ils sont trop chous ! Vraiment ? Cherchez bien, l'enfance n'est pas une page aussi blanche qu'il y paraît. Vous maintenez le contraire ? Dans ce cas, je vous recommande "Les enfants de l'ombre"... qui vous fera sûrement changer d'avis. Ce recueil de nouvelles vous entraînera dans la tourmente de l'enfance comme vous ne l'auriez jamais imaginé.

L'auteur de ce bijou ? Nolween Eawy, écrivain et auteur d'excellents recueils de nouvelles. Il ne vous suffira que de tourner la première page du livre pour en apprécier toute la profondeur...

Bon retour dans vos cauchemars !
.
Site officiel : http://nolween-eawy.com/

samedi 6 juin 2009

L'écriture


Moi, l'Ecriture
.
Elle est toujours aussi vide cette page. Qu’est-ce que je peux bien y ajouter, franchement ? Des mots, des mots et des mots et rien que ça ? Mais je voudrais y mettre tellement plus ! Je voudrais y plonger mes impressions, mes sentiments, mes hontes et mes désirs. Que l’écriture surpasse ce que je veux lui faire dire, qu’elle entre en moi, qu’elle soit en moi. Mes pensées, mes sentiments. Que je puisse lui dévoiler ma vie à nue et à sang sans masque et sans peur. Je veux qu’elle me prenne et me visite des pieds à la tête durant une heure, deux heures, aussi longtemps qu’il sera nécessaire. Je veux y implanter mes plaies et mes soupirs, tout ce qui me fait souffrir, me déchire ou me fait rire. Je la veux à moi, en moi, je veux être elle et elle moi, ni ensemble, ni séparée mais une et une seule entité.
.
Qu’on s’arrache la peau sur le papier, qu’on saigne de l’encre, qu’on se mutile aux ratures et qu’on jette sur du blanc tout ce qu’on a de noir dans le ventre. Je veux qu’elle m’habite, qu’elle me transcende comme à cet instant précis où ma main ne m’appartient plus, n'appartient qu'à elle, lui est tout entière dévouée. Je veux qu’elle m’entende, que mes pensées se jettent en son antre et se lisent dans son mystère. Mes idées s’affolent, ma main m’échappe, mon cœur l’écoute, elle, l’écriture. Je veux lui appartenir comme jamais et qu’elle ne me quitte que pour reprendre le souffle du dernier point. Je veux qu’elle ne m’oublie pas et me reprenne aussi souvent qu’elle le voudra comme un acte d’amour, comme une passion que je lui offre et qu’elle reçoit. Je ne sais comment finir, je ne sais où m’arrêter. Elle me porte et m’emporte sans me demander où je veux aller. C’est elle qui décide, elle qui jongle avec mes doigts. Mais mes doigts ne suivent plus et ma passion diminue. Je ne la reverrais bientôt plus, mais je l‘attendrai de nouveau, encore et toujours, même après cet ultime point final.

lundi 25 mai 2009

Pourquoi ???

.



J'aimerais vous faire partager ce qui sort de mon crâne. En noir, rouge ou gris, mes pensées, mes mots bourdonnent dans ma tête comme des milliers de fourmis insomniaques. Ca fait un de ces tapages là-dedans ! Pour freiner ce brouhaha incessant et rétablir le calme dans tout ce chahut, un seul remède.
.
L'écriture.
.